Les hubs de Dubaï et Doha, par lesquels transite une grande partie des colis en provenance d'Asie, sont fortement perturbés par des alertes de sécurité et même des bombardements. (Kindel Media / Pexels)
Le conflit qui oppose les États-Unis et Israël à l'Iran a des répercussions sur le transport mondial. Entre saturation du trafic aérien et détours maritimes, les colis, notamment envoyés depuis l'Asie par les grandes plateformes comme Shein ou Temu, prennent du retard, rapporte RMC Conso .
Depuis le début des frappes américaines et israéliennes et de la riposte iranienne, il a beaucoup été question du détroit d'Ormuz, aujourd'hui paralysé. Mais ce n'est pas le seul secteur maritime impacté par le conflit. Le canal de Suez, qui reste l'artère essentielle entre l'Europe et l'Asie, n'est plus emprunté par les grands armateurs comme Maersk, MSC ou CMA CGM. Ils déroutent leurs navires vers l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Ce trajet ajoute environ dix jours de navigation supplémentaires. Autre impact : la consommation de carburant, elle aussi plus importante.
Deux couloirs seulement pour les avions
Dans le ciel, la fermeture des espaces aériens au-dessus de l'Iran, de l'Irak et de la Syrie crée une saturation sur les deux couloirs désormais empruntés par les avions. Une route passe au nord par la Turquie et l'autre au sud par l'Arabie saoudite. Les appareils s'y agglutinent. Les hubs de Dubaï et Doha, par lesquels transite une grande partie des colis en provenance d'Asie, sont fortement perturbés par des alertes de sécurité et même des bombardements.
Conséquence : Temu annonce des délais pouvant atteindre vingt jours, contre sept à quinze habituellement ; Shein prévoit huit à dix jours supplémentaires, et Amazon signale jusqu'à dix jours de retard pour les commandes hors Europe venant d'Asie. De son côté, La Poste a décidé de ne plus acheminer de courrier vers les zones en conflit : Israël, les Émirats arabes unis, le Qatar, l'Iran, l'Irak, Bahreïn, le Koweït, l'Afghanistan, le Sri Lanka, l'Azerbaïdjan et l'Ouzbékistan. Pour les prochaines semaines, il faut donc s'attendre à une hausse des frais de port, consécutive au surcoût du carburant.